Tamaynut en partenariat avec IPAAC et Conservation Internationale organise un atelier international des peuples autochtones d’Afrique sur l’adaptation et la minimisation des effets des changements climatiques
L’organisation Tamaynut en collaboration avec IPACC et Conservation Internationale CI, préparent l’organisation d’un atelier de formation sous le thème :
L’adaptation et la minimisation des effets des changements climatiques
Cet atelier vient dans le cadre de la stratégie de IPACC adoptée à Bujumbura le mois d’avril 2007.
Tamaynut s’est inscrite dans cette stratégie, et un renforcement des capacités dans les domaines liés aux changements climatiques, la biodiversité, le savoir traditionnel …s’avère de plus en plus indispensable.
L’atelier de Marrakech sera l’occasion pour dix activistes amazighes de participer aux cotés d’autres participants africains à développer leur savoir faire en la matière.
Cet atelier est prévu du 7 au 10 novembre.
Note conceptuelle sur la coopération entre la Conservation International et l’IPACC pour réaliser un atelier international des peuples autochtones d’Afrique sur l’adaptation et la minimisation des effets des changements climatiques.
Marrakech, Maroc ~ 7-10 novembre 2008
But de la coopération et de l’atelier:
Le but de l’atelier panafricain cofinancé par le Comité de coordination des peuples autochtones d’Afrique (IPACC) et la Conservation International sur le thème de l’adaptation et la minimisation est de familiariser les leaders autochtones africains avec les concepts et les thèmes des négociations correspondant au protocole qui suivra celui de Kyoto. Ainsi qu’avec les accords et les politiques provenant du Cadre de la Convention de l’ONU sur les Changements climatiques (CCCC) et correspondants aux engagements qui émanent des autres Conventions de Rio. Attirer l’attention sur les effets du changement climatique sur les terres arides et subhumides est également un des objectifs, au même titre que mettre la lumière sur les méthodes d’adaptation et les compétences des peuples autochtones africains face aux menaces provenant des changements climatiques.
Fondé par les peuples autochtones en 1997, l’IPACC est un réseau de 150 associations des peuples autochtones oeuvrant dans 21 pays africains. Son but est d’unifier les associations de base des peuples autochtones dans un réseau et une alliance dans l’objectif de plaidoyer aux échelles nationales, régionale et internationale. Le Comité Exécutif de l’IPACC comprend 18 membres élus par les membres de six sous régions géoculturelles en Afrique. L’IPACC promeut la reconnaissance et le respect pour les peuples autochtones en Afrique; la participation des peuples autochtones aux évènements de l‘ONU et aux autres forums internationaux et renforce la capacité organisationnelle de la société civile autochtone en Afrique. (Voir information sur le contexte ci-joint)
La Conservation International (CI) est une organisation internationale à but non lucratif, focalisant son action sur la protection de la biodiversité et le bien-être humain, il est présent dans plus de quarante pays. Par son programme sur les peuples autochtones et traditionnels, CI aide les peuples autochtones dans le domaine de la participation, de la politique et de l’implémentation de programmes et de projets, tout en incluant la protection de la biodiversité aux questions liées aux changements climatiques.
Raisons de l’atelier:
Si les pays africains ne contribuent pas d’une grande manière aux émissions causant l’effet de serre, les changements climatiques menacent d’avoir un impact dévastateur sur la biodiversité africaine, sur les ressources naturelles et les moyens d’existence y afférents.
Par définition, en Afrique les « peuples autochtones » dépendent énormément de l’utilisation durable des ressources naturelles dans des écosystèmes sensibles. Ils ont maintenu des pratiques culturelles et économiques incluant la chasse, la pêche, la cueillette, l’élevage aux oasis, le petit jardinage dans les forêts équatoriales et dans les domaines du pastoralisme transhumant[1].
L’échec des négociations de l’Organisation des Nations Unies (ONU) pour atteindre une réduction importante des gaz à effet de serre, menace les moyens d’existence et la sécurité alimentaire des peuples les plus vulnérables d’Afrique qui dépendent de la nature, des cycles de pluie prévisibles et des ressources naturelles. Dans le cas des peuples autochtones, leur marginalisation et leur non accès aux institutions de l’Etat et leur citoyenneté contestée, les mettent dans une situation encore plus vulnérable que celle des autres Africains. Les Etats négociateurs d’Afrique à la Convention sur la diversité biologique (CDB), la Convention sur la lutte contre la désertification (CCD) et les forums du traité du CCCC, soit ne représentent pas pertinemment les intérêts des peuples autochtones et transhumants ou ne prennent pas en compte le savoir autochtone en matière de biodiversité, de compétence d’adaptation ou / et de leur gestion durable des ressources naturelles.
Objectifs:
- 1. Renforcer la représentation des questions des peuples autochtones africains aux conventions à l’ONU:
Il est essentiel de renforcer la capacité des leaders autochtones africains pour pouvoir influencer les positions politiques aux niveaux nationaux et internationaux. Les membres de l’IPACC et les leaders se sont engagés dans le processus CCCC , mais trouvent que la voix africaine dans ces forums est marginale. Les membres de l’IPACC ont besoin de comprendre la base des négociations et de développer une position africaine autochtone, pour pouvoir mener un travail de plaidoyer. Cette position aura besoin d’être enracinée dans l’expérience des peuples autochtones des forêts pluviales et les terres arides et subhumides en Afrique.
Reflétant le fort appui africain pour la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones de 2007, l’IPACC cherche à promouvoir les voix des peuples autochtones en Afrique dans des forums politiques multilatéraux. En particulier les voix de ceux qui vivent dans les pays francophones (doublement écartés à l’échelle internationale); pour devenir efficace, les peuples autochtones en Afrique doivent se rencontrer pour mener ensemble la réflexion, la préparation et la convergence de leurs points de vues et de leurs valeurs.
- La focalisation sur la question des terres arides et subhumides:
L’approche de l’IPACC relative à la construction des alliances entre les peuples des déserts, des forêts, des aires montagneuses et autres écosystèmes particuliers, nous encourage à focaliser notre attention sur les économies de subsistance, et sur la biodiversité dans les zones subhumides. Et ce comme c’est le cas pour les forêts pluviales et les aires sèches forestières tropicales.
Les aires arides et subhumides sont sous-représentées dans les forums politiques de l’ONU, pourtant ces aires et les peuples qui y vivent sont très vulnérables face aux changements climatiques. Il est nécessaire d’accorder plus d’intérêt aux questions liées aux terres sèches et à la reconnaissance de la diversité des écosystèmes africains et la diversité culturelle qui lui est liée.
Un certain nombre d’éléments liés aux changements climatiques et aux ressources naturelles ont été prises en comptes dans les décisions adoptées par les Etats à la neuvième COP de la CDB à Bonn en 2008, au sujet des terres arides et subhumides:
- L’utilisation de ces terres pour la gestion durable de la vie animale et celle de la flore, doivent être prioritaire, de part les effets des changements climatiques devant d’autres options d’utilisation des terres;
- Préparer une collection d’expériences dans le domaine de la minimisation des effets du changement climatique, de la gestion des sols et du pastoralisme sur les terres sèches et subhumides ;
- Développer des propositions pour l’intégration des considérations du changement climatique dans le programme de travail sur la biodiversité des terres sèches et subhumides;
- Renforcer la coopération et les synergies concernant la biodiversité, la dégradation / désertification et le changement climatique.
- Adaptation & Minimisation:
L’atelier a pour but d’articuler, de partager, de discuter et de documenter la compétence adaptative des peuples autochtones par des approches traditionnelles et récentes, pour s’adapter aux variations climatiques comme:
- Les systèmes culturels et techniques de la gestion de l’eau dans les aires sub-humides (gestion de sources à petit débit, la restriction de l’utilisation des nappes aquifères, la gestion de l’eau);
- Les systèmes culturels pour la gestion de la préservation de la biodiversité dans les aires équatoriales et les aires des forêts tropicales;
- Les systèmes normatifs de gestion de la biodiversité basés sur les clans dans les montagnes, les déserts et les environnements forestiers;
- Les systèmes d’indicateurs utilisés par les chasseurs-cueilleurs pour prévoir les régularités du temps et les régularités dans le changement de la dépendance alimentaire;
La section de minimisation de l’atelier est basée sur le premier travail majeur de l’IPACC sur la REDD (Réductions des émissions dû à la déforestation et la dégradation des sols) et le FCPF (le fond des crédits de carbone de la Banque Mondiale pour les pays qui protégent leurs forêts), ainsi que sur le plan d’action de l’IPACC, dont on cite quelques éléments :
- Développer des stratégies de plaidoyer pour engager l’Etat, le secteur privé et les services de la protection de l’environnement à reconnaître l’importance du savoir traditionnel dans la planification pour la durabilité face à des changements climatiques imprévisibles en Afrique ;
- Renforcer le savoir et la compétence dans les domaines liés aux sciences, méthodologies et mécanismes de financement pour la minimisation des effets du changement climatique, incluant les mécanismes de régulation et de marché ;
- La définition des bénéfices multiples des stratégies d’adaptation et de minimisation est importante afin d’adresser les effets du changement climatique.
L’atelier explorera ainsi:
- L’accès aux ressources et les besoins en formation technique ;
- Les standards actuels et émergents pour les projets de minimisation et d’adaptation qui fournissent des bénéfices aux communautés et à la protection environnementale en même temps et qui adressent les effets du changement climatique.
L’atelier se basera sur les résultats des autres ateliers d’IPACC : celui de février 2008 sur les crédits de carbone et la réduction de déforestation et dégradation des sols (avec la Banque Mondiale), et celui d’août 2008 sur l’application de la technologie informatique géo spatiale pour améliorer l’efficacité de plaidoyer autochtone dans le cadre prévu par le Plan d’Action IPACC de Bujumbura développé en 2007.
Le contenu de l’atelier inclura aussi le programme de CI, les dessins de projet et l’expérience de la formation.
Dates, lieu et participation:
L’atelier aura lieu du 7 au 10 novembre 2008, à Marrakech au Maroc.
L’événement sera organisé par les membres marocains de l’IPACC. C’est L’organisation Tamaynut, un réseau culturel national Amazigh du Maroc, qui est chargée de l’organisation en coopération avec IPACC et Conservation International. Le réseau Tamaynut est connu pour ses capacités organisationnelles, ses fonds et une volonté de focaliser plus sur les questions des terres arides.
Participation
Sont invités à participer à cet atelier, les représentants des associations des peuples autochtones, des pays suivants : l’Algérie, Afrique du Sud, Botswana, Burkina Faso, Burundi, Cameroun, RD Congo, Kenya, Mali, Maroc, Namibie, Niger, Ouganda, Rwanda, Tanzanie et le Tchad. Une présence de 37 représentants est attendue.
Partenariat
Pour l’atelier et ses composants stratégiques, IPACC agira conformément aux programmes de Conservation International (CI) sur les peuples autochtones et traditionnels, et ce pour concrétiser le lien entre les changements climatiques et les stratégies de protection de l’environnement, comme c’est le cas pour le Programme de travail sur les aires protégées de la CDB. Un fort partenariat avec CI rapprochera la science occidentale avec les besoins et le savoir traditionnel des peuples autochtones.
Depuis sa création, l’IPACC a à son actif d’importantes expériences de partenariat :
- Initier un programme de développement de capacités techniques en partenariat avec le Centre technique pour la coopération agricole et rurale (le CTA) et la Division pour le dialogue interculturel et la politique culturelle de l’UNESCO,
- Partenariat et coopération avec les grandes ONGs de protection en Afrique – Conservation International, WWF Namibie et WCS Gabon;
- Accueil en coopération avec la Banque mondiale et UNIPROBA d’un dialogue autochtone africain sur la réduction des émissions de carbone et sur la déforestation et la dégradation des sols (REDD) à Bujumbura au Burundi en février 2008 (le rapport est disponible);
Vers l’avenir
L’IPACC et la CI sollicitent la participation d’autres partenaires pour une relation à long terme en vue de soutenir et consolider la participation des peuples autochtones d’Afrique dans l’action et les programmes concernant les changements climatiques. Des actions de suivi seront débattues pendant l’atelier. IPACC et CI prévoient des évènements de suivi de l’écosystème dans les deux prochaines années, qui seront basées sur les résultats de l’atelier de Marrakech pour consolider la représentation des peuples autochtones dans les négociations politiques à tous les niveaux, ainsi que la représentation de leurs problèmes, la définition des besoins et la contribution en ce qui concerne la minimisation du changement climatique au niveau international, régional et national.
[1] Le concept juridique des peuples autochtones d’Afrique a été adopté par la Commission africaine sur les droits de l’Homme et des peuples en novembre 2003. Le groupe de travail de la Commission Africaine sur la question autochtone a recommandé que le concept international devrait être reconnu en Afrique, en se référant particulièrement à ceux vivant de modes de subsistance différents de la norme nationale, y inclus les chasseurs-cueilleurs et les éleveurs transhumants, avec l’option de reconnaître les fermiers traditionnels de petite échelle. En septembre 2007, l’Assemblée générale de l’Organisation des nations unies a adopté la Déclaration sur les droits des peuples autochtones par une forte majorité, incluant le très fort appui des états africains. Sous les régulations de la Charte africaine, la nouvelle déclaration des standards de l’ONU devient applicable à l’intérieur des standards juridiques africains des droits de l’Homme. Des tribunaux africains commencent à utiliser ce concept des peuples autochtones dans leurs décisions, incluant la cour suprême du Botswana en 2006 et la cour constitutionnelle de l’Afrique du Sud aussi en 2006. Il est important de distinguer l’utilisation du terme ‘autochtone’ dans le sens de la décolonisation de l’Afrique (indigène), et le nouveau concept de communauté vulnérable vivant d’une économie distincte et de pratiques culturelles sur des territoires spécifiques (autochtone).
